Analyse du réchauffement climatique

  1. Arguments avancés contre le réchauffement climatique d'origine anthropique
    1. Variation de l'orbite terrestre
    2. Le climat terrestre a toujours changé
    3. L’activité solaire est responsable du réchauffement
    4. Le taux de CO2 dans l’atmosphère est négligeable
    5. Le CO2 n'est pas un poison
  2. Analyse de l’évolution du climat et du taux de CO2 dans l'atmosphère
  3. Conclusions


Arguments avancés contre le réchauffement climatique d'origine anthropique


Variation de l'orbite terrestre

Les modifications de l'orbite terrestre sont totalement microscopiques à l'échelle de quelques milliers d'années donc à fortiori à l'echelle d'une vie humaine. En quelque 100.000 ans, cela pourrait entraîner un changement de température de 2 degrés Celsius. Actuellement, nous faisons face à un changement de 1,1 degré Celsius en 100 ans, soit 500 fois plus rapide. Voir également le paragraphe suivant.


Le climat terrestre a toujours changé

Oui, mais sur des périodes géologiques ! Les transitions entre périodes glaciaires et inter-glaciaires s’effectuaient sur des milliers d’années, imperceptible à l’échelle d’une vie humaine...

Sur des échelles de temps beaucoup plus longues, que celle concernant le réchauffement climatique observé actuellement, les archives paléoclimatiques nous indiquent, que la température de la Terre a toujours changé. La théorie de Milankovitch permet d'expliquer l'alternance des périodes glaciaires et interglaciaires, au cours du Quaternaire sur des cycles de 20 000 à 100 000 ans.
    Cette alternance est due à des variations de l'orbite terrestre sur ces mêmes périodes. Dit simplement, la Terre se trouve, par moments, un peu plus proche et par d'autres un peu plus éloignée, du Soleil et tourne sur elle-même de façon plus ou moins inclinée. Cela modifie l'énergie reçue du Soleil et provoque les périodes glaciaires et interglaciaires.
    On notera que, la différence de température moyenne planétaire, qui sépare une période interglaciaire (telle que celle que nous vivons actuellement) d'une période glaciaire (durant laquelle les océans sont 120 m en-dessous du niveau actuel, et où le nord de l'Europe est recouvert d'une calotte de glace de plusieurs kilomètres d'épaisseur) est d'environ 5 degrés C ! (entre 3°C et 8°C). Cela donne une bonne idée de l'ampleur des impacts, que peut provoquer un réchauffement supplémentaire de quelques degrés, mais nous n’aurons pas des dizaines de milliers d’années pour nous y adapter.


L’activité solaire est responsable du réchauffement

Le Soleil a une activité heureusement stable, son principal cycle de 11 ans (dit « de Schwabe ») engendre une variabilité de l’irradiance totale au niveau de notre planète de 1W/m², soit 0.1%  c’est-à-dire négligeable (source : https://www.encyclopedie-environnement.org/climat/variabilite-de-activite-solaire-impacts-climatiques/).


Le taux de CO2 dans l’atmosphère est négligeable

Certaines personnes disent que 400ppm ne représente que 0.004% et que c'est donc négligeable ; cet argument est stupide car on ne mesure pas la dangerosité d’une substance ou produit sur un système à sa concentration en valeur absolu dans le système, mais à son effet sur le système ; 200mg est négligeable par rapport à votre poids corporel mais essayez d’avaler 200mg de cyanure... Il s'agit d'un gaz à effet de serre, et la vie sur Terre telle que nous la connaissons, s'est adaptée à des conditions de températures bien précises.


Le CO2 n'est pas un poison

Evidemment, personne ne dit le contraire. Le CO2 est un composant essentiel du cycle du carbone (cycle entre l'atmosphère, les océans, la biosphère, la croûte et le manteau terrestre), il est l'élément de base indispensable de la nutrition des végétaux et donc la base de la constitution de toute la matière vivante.

Notons que l’effet de serre est essentiel à la vie sur Terre. Sans lui, la température moyenne de notre planète serait seulement de -18 °C, contre 15 °C actuellement.

Le problème est l'augmentation vertigineuse du taux de CO2 dans l'atmosphère depuis le début de l'ère industrielle et sa conséquence, voir l'Analyse de l’évolution du climat et du taux de CO2 dans l'atmosphère ci-dessous.


Analyse de l’évolution du climat et du taux de CO2 dans l'atmosphère

L’analyse des carottages de glaces qui ont été effectuées en Antarctique par les américains, russes et français, permettent de remonter jusqu’à 800.000 ans en arrière, ce qui couvre donc plusieurs cycles glaciaires et interglaciaires.
Ces carottages permettent de connaître précisément la composition de l'atmosphère terrestre, dont le taux de CO2, et la température moyenne mondiale :

evolution CO2

Sources : https://scripps.ucsd.edu/programs/keelingcurve/
                http://www.scrippsco2.ucsd.edu/assets/graphics/png/merged_ice_core_record.png

Sur les 800.000 dernières années, le taux de CO2 a oscillé entre 180 et 280ppm (graphique du haut).

Il est aujourd’hui de plus de 400ppm !!!

Sur les graphes ci-dessus on voit clairement que cette brusque augmentation vertigineuse correspond à l’ère industrielle. Sur le graphique sur 800.000 ans, cette augmentation apparaît comme un « Dirac ».

Si on prend 280ppm comme taux de CO2 préindustrielle (ci qui correspond déjà au max qu’ai connu la planète sur les 800.000 dernière années), on calcule une augmentation de 45% !!! On peut dire que cette augmentation est uniquement dû à l’homme (sinon quel en serait l’origine, il n’y a pas eu d’activité volcanique ou autre phénomène naturel qui pourrait expliquer cette augmentation).

L’homme est donc directement responsable de cette augmentation de 45% du taux de CO2 dans l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle.


Maintenant, quel sera l’impact sur le climat ?

Evidemment, la machinerie climatique terrestre est complexe, a une certaine inertie, et la température moyenne à sa surface dépend de nombreux paramètres.

Les principaux sont le Soleil et la composition de l'atmosphère terrestre.

Le Soleil a une activité heureusement stable, son principal cycle de 11 ans (dit « de Schwabe ») engendre une variabilité de l’irradiance totale au niveau de notre planète de 1W/m², soit 0.1% c’est-à-dire négligeable (source : https://www.encyclopedie-environnement.org/climat/variabilite-de-activite-solaire-impacts-climatiques/).

La composition de son atmosphère a en revanche un impact beaucoup plus important. On peut très nettement voir la corrélation entre taux de CO2 et de CH4 avec la  température moyenne sur les 400.000 dernières années sur le graphe ci-dessous :

 correlation CO2 temperature

Source : http://www.antarcticglaciers.org/glaciers-and-climate/ice-cores/ice-core-basics/

A noter que la reconstitution de la température moyenne a été possible par la mesure d’un des isotopes stables de l’oxygène, le δ18O, dans les différentes couches de glace de l’Antarctique (voir source1, source2, source3,…).

On peut faire le même exercice sur les périodes récentes en superposant la courbe d’évolution du CO2 depuis  le début de l’ère industrielle avec la courbe d’évolution des températures (moyenne mondiale) :

evolution CO2 temperature

Sources historique des températures : https://data.giss.nasa.gov/gistemp/graphs_v4/#
https://crudata.uea.ac.uk/cru/data/temperature/HadCRUT4-gl.dat


Là encore on voit une très nette corrélation entre l’évolution du taux de CO2 et l’évolution des températures, ce qui est logique ; la température terrestre dépendant entre autre principaux paramètres de son atmosphère et du soleil ; à activité solaire stable, si les gaz à effet de serre augmentent la température augmente.


Ayant montré que la température moyenne terrestre a une très forte corrélation avec le taux de CO2 de son atmosphère, que ce taux est le principal paramètre qui varie et qu'il n'y a aucun signe d'inversion de la tendance, on peut extrapoler l'évolution des températures moyennes mondiale dans les années à venir :

extrapolation temperature future

zoom sur evolution temperatures


Il s'agit là de températures moyennes mondiales, il y aura de fortes disparités car des régions peuvent se refroidir suite à la diminution ou même l'arrêt de certains courants océaniques tel le Gulf Stream, ce qui veut dire que des régions connaîtront des hausses très significatives plus importantes que celle du graphe ci-dessus.

Conclusions

Au vu de ces mesures et de cette analyse, on peut tirer les conclusions suivantes :

•    L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère de 280ppm avant la période industrielle et à plus de 400ppm aujourd’hui (+45%) est bien le fait de l’homme.
•    Le taux de CO2 dans l’atmosphère ayant un impact direct sur la température moyenne mondiale, celle-ci va continuer à augmenter…

D’ailleurs le propre des records, quels qu’ils soient, est d’être battus de plus en plus rarement au fur et à mesure que les données s’accumulent. Hors en terme de températures, force est de constater que c’est l’inverse qui se produit, voir les multiples littératures sur le sujet, notamment ici.

De plus, il y a un risque d’effet boule de neige car :

_ Quand il fait un peu plus chaud, le cycle du carbone et la solubilité de CO2 dans les océans sont modifiés : le dioxyde de carbone est relâché dans l'atmosphère, ce qui augmente la température, avec effet boule de neige…

_ Il y a de grande quantité d’Hydrate de méthane (ou glace de méthane) naturellement présent dans les fonds marins, sur certains talus continentaux, ainsi que dans le pergélisol des régions polaires. Hors une bonne partie de ces réserves se situe à la limite de stabilité (combinaison température et pression), et une augmentation de la température des océans ou de la surface des régions polaires peut libérer ce méthane dans l’atmosphère. Or le méthane (CH4) a un pouvoir de nuisance beaucoup plus élevé que le CO2 en tant que gaz à effet de serre. Son potentiel de réchauffement global mesuré à l'échelle d'un siècle à partir de sa diffusion dans l'atmosphère est en effet compris entre 22 et 23 fois celui du dioxyde de carbone.

Il a fallu à la nature des centaines de millions d'années pour modifier les concentrations de CO2 à travers des processus naturels, comme l'enfouissement du carbone. Et nous, nous le déterrons, mais pas sur 100 millions d'années, nous le déterrons et le brûlons sur une échelle de 100 ans, un million de fois plus vite…


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